Facebook propose de combiner les données de sa nouvelle acquisition, instagram, avec les données de son site principal et met fin au système de vote des usagers.

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Le 21 novembre 2012, Facebook a annoncé la fin du processus de vote des usagersrelativement à certains changements proposés par Facebook. Ce système avait été mis en place en 2009. Quoique ce système laissait croire que les usagers détenaient une façon de décider des politiques du site, la vérité en est tout autre. En effet, comme le laisse transparaîtrele vote qui s’est déroulé en mai 2012, ce pouvoir des usagers semble presque nul. Comme l’explique le 3e paragraphe de l’article 14 du Statement of Rights and Responsilibties du site, pour que le vote soit contraignant, plus de 30% des usagers actifs doivent voter. Pour ce qui est du vote de mai 2012, 87% des votes se prononçaient contre les changements proposés, mais le vote n’était pas contraignant puisque moins de 1% des usagers actifs ont voté.

Par ailleurs, comme l’explique un article du Globe and Mail, Facebook Inc. envisage la combinaison des données des utilisateurs de Facebook avec celles d’Instagram, le service de partage de photos.

L’acquisition d’Instagram par Facebook avait été annoncée en avril 2012 et a finalement clôturé cet automne pour la somme d’environ 715 millions de dollars, soit 300 millions de dollars et plus de 22 millions d’actions de Facebook Inc. d’après le document produit au United States Securities and Exchange Commission.

Tel qu’expliqué dans un article du Wall Street Journal, ce n’est pas la première fois qu’un géant tente l’unification des données de ses utilisateurs. Google vient tout juste de procéder à une telle unification des données en mars 2012, en combinant les données de plusieurs de ses services. Autrefois, la collecte des données ce faisait séparément pour les divers services.

Pourquoi une telle combinaison des données ?

D’après l’article du Globe and Mail susmentionné, Facebook a déclaré que le partage des données entre les différentes filiales les aidera à fournir, comprendre et améliorer leurs services. Or, ces propos ne sauraient camoufler leur véritable but. Qu’il s’agisse de Facebook ou de Google, l’unification des données des utilisateurs sert un objectif principal. Ces derniers offrent des services gratuits, mais font leur argent avec les publicités qui apparaissent sur leurs sites. En ayant un profil plus complet d’un utilisateur, ces compagnies sont en mesure de mieux cibler les annonces qui vont apparaître et peuvent donc charger plus cher pour un placement plus idéal d’une annonce.

Les dangers d’une combinaison des données des utilisateurs

La politique d’unification des données de Google a certainement su inquiéter plusieurs personnes. Entre autres, un regroupement de 36 ministres de la Justice des États-Unis aurait averti Google,dans une lettre, que la consolidation de tant d’informations personnelles en un seul lieu augmente le risque d’attaques de pirates informatiques et de voleurs d’identité.

Par ailleurs, le principe d’utilisation des données repose, entre autres, sur l’idée que la vie privée est sauvée par l’anonymisation des données. Or, plus les profiles des usagers sont complets, moins ils sont véritablement anonymes.

Le rapport final de l’« Étude comparative de la Commission Européenne sur les différentes approches des nouveaux défis en matière de protection de la vie privée, en particulier à la lumière des évolutions technologiques » signale, à son paragraphe 47, que :

Les problèmes résultant de la quasi-impossibilité de rendre les données à caractère personnel totalement anonymes dans le nouvel environnement sociotechnique constituent l’un des plus grands défis en matière de protection des données, et doivent être au cœur de tout débat sur une révision du régime européen de protection des données.

Le paragraphe 121 du même rapport explique que :

L’approche de base devrait consister à réduire au minimum absolu la collecte et même le stockage des données à caractère personnel dès le départ (cf. le principe allemand – mais aussi européen – de « minimisation des données » et le principe australien d’« anonymat ») : une fois les données collectées et stockées, il est presque impossible de les supprimer ou (pour reprendre les termes de Paul Ohm) de véritablement les anonymiser de façon permanente.

En somme, malgré l’opposition que peut recevoir la proposition de combiner les données des utilisateurs de Facebook et d’Instagram, cette idée verra fort probablement le jour.

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